Les relations Sud/Nord ont été durant de nombreuses années un thème de prédilection chez Asmae, au point où l’on a parlé de relations Nord/Sud-Sud/Nord. C’est d’ailleurs de cette préoccupation qu’est né le Réseau Toubacouta en 2007, suite à la rencontre du même nom en 2005 et qui a débouché sur la Charte de Toubacouta.
En juillet 2019, je tenais un stand avec Florian t’Serstevens et Xavier de Wasseige dans le cadre d’une mission d’animation du stand « Sols vivants » de la part de l’asbl Pas à Pas. Le thème de la foire était « Qui construira les villes de demain ? » en accentuant le thème sur la gestion de la forêt.
Dans le cadre de cette mission, nous sommes chargé de penser au décor du stand ainsi qu’à son animation. Au dernier moment nous avons décidé de lié agriculture et foresterie qui est une technique bien connue en Afrique
De manière étonnante, une quinzaine d’agriculteurs conventionnels étaient interpellés par cette affiche et demandaient énormément d’informations sur cette technique. Nous avons fini par inciter les agriculteurs conventionnels belges à passer non pas en bio mais en agroforesterie. L’intérêt était grand parmi ces agriculteurs qui savent qu’ils vont devoir changer leurs pratiques culturales dans les plus brefs délais au risque de disparaître.
Des coopérants africains ?
J’expliquais cela à René Sibomana, le responsable d’Action jeunesse & Environnement au Sénégal. Il a éclaté de rire et m’a dit qu’il était prêt à envoyer des coopérants africains en Belgique pour aider les agriculteurs belges dans le développement de ce type de projets.
Quel juste retour des choses. Cela fait plus de 40 ans que les coopérants belges poussent les africains dans la voie de l’agroforesterie alors que l’Europe développait, en même temps, un système d’agriculture intensive chimique, sans aucun respect de l’environnement. Cette méthode montre actuellement ses limites avec son train de conséquences désastreuses pour les santés humaine, animale et végétale.
Verra-t-on un jour des spécialistes africains, venir en Europe pour montrer la bonne voie d’une agriculture saine et durable ? On pourrait imaginer cela surtout comme étant un thème « Passerelles »…
Géry de Broqueville
