Pour ceux qui me connaissent, vous savez que j’ai une admiration sans borne des spirales. Tout est spirale dans la nature, même le flux d’eau est une succession de spirale appelée aussi vortex allant dans un sens, suivi d’un chaos et tournant ensuite dans le sens inverse. Tous les fluides bougent ainsi, de l’eau au sang en passant par la sève. Allant du chou Romanesco à la pomme de pain en passant par la laitue. C’est la biodynamie qui a mis en avant cet élément fondamental de la nature. Et à Natoye, il y a La spirale.
Natoye est un village du Namurois avec ses maisons en pierre du pays. C’est juste après un tournant de la chaussée que l’on voit apparaître ce lieu étonnant. La spirale. Avec un tel nom, cela ne pouvait être qu’un beau lieu. Le lieu est attirant. Il est bordé en partie par le Petit Bocq qui se jette plus loin dans Ne Bocq. On s’y sent bien d’autant plus qu’il abrite une collection d’objets produits par une soixantaine d’artisans d’art. D’ailleurs, il faudra un jour que je travaille sur la question de la différence entre artisan et artiste. Je sais que c’est un sujet délicat pour certains, mais je ne plongerai pas, cette fois-ci au cœur du problème.
Définissons la spirale
Revenons à ce lieu magique. Tout ne peut pas plaire à tout le monde et pourtant les œuvres présentées donnent un bel exemple de la production artistique majoritairement wallonne et un peu bruxelloise.1
Ce centre des métiers d’art se définit ainsi : Le nom de La Spirale vient de l’idée d’un mouvement d’union et d’évolution dynamique. En 1995, des artisans de la région de Hamois se sont regroupés autour de ce nom pour symboliser la créativité qui se développe et s’élargit, à l’image d’une spirale qui grandit tout en restant reliée à son centre d’origine.
On pourrait compléter par trois clés ou portes d’entrée :
- Mouvement et vie : La spirale montre une énergie artistique qui avance sans fin.
- Lien humain : Elle relie entre eux les artistes, le public et la nature du Condroz.
- Évolution : Le centre s’ouvre à tous de manière progressive (art, ateliers et échanges)2
Les portes de libertés
Tiens, à propos de portes, dans le jardin se trouve un mini parcours un peu oublié du demandeur d’asile, fraîchement débarqué en Belgique. Il passe par le 127bis qu’est le “Petit château” qui n’a rien à envier à la vie de château. La première porte du parcours a été réalisée par un artisan. C’est intéressant de noter que dans un lieu consacré à l’art, il existe un parcours sur un fait de société. Certes ce n’est pas le point focal du lieu, mais un de ses éléments qui montre sa richesse.
Ce parcours de l’exilé est une touche humaine est situé au confins du paradis et s’enfonce dans les bois. En revenant en arrière, le jardin fut autrefois un potager en permaculture avec tous ses attributs comme la mare qui apporte une belle biodiversité de batraciens, de libellules et autres insectes, bordé d’origan de mélisse citronnée, d’un magnifique cardon, de berces et… d’orties. Cela fait désordre, les orties.
Pourtant cette plante a toute sa place dans le potager. Je ne dirai rien de plus sur cette plante, ce n’est pas le sujet, je vous renvoie donc vers un article consacré à cette plante, dans le blog de Pas à Pas vers une terre vivante situé à Leuze (Éghezée).
Des créateurs, en veux-tu, en voilà
Revenons à notre périple dans ce lieu, hautement didactique. Nous avons été accueilli avec bienveillance. Pour ne rien vous cacher, nous étions deux, un de mes amis et moi-même, nous avons commencé notre visite par le cœur du projet qu’est une exposition d’est production des artistes.
Il y a du beau à voir concentré en un seul endroit. L’imagination de ces artistes est très éclectique et c’est tant mieux. Les matériaux utilisés sont multiples, le sable, la terre, le bois, le fer en combinaison les uns avec les autres donnent des petites merveilles, sorties du cerveau, du cœur et des mains de ses créateurs. Toutes ces matières sont d’origine naturelle ou proviennent de récupération.
Cette exposition est un bel exemple de spirale telle que décrite ci-dessus, par ses concepteurs. L’exposition des objets sont mélangés sans arrêt. Il est possible de voir les œuvres de chaque artiste réparties sur plusieurs salles. Cet exposition est donc en mouvement.
Il y a des choses qui nous échappent…
Il m’a fallu revenir chez moi pour me rendre compte que ce lieu est plus qu’une exposition. Je reconnais que j’ai été nul quand j’ai dit que le mot ‘didactique me faisait un effet de répulsion. J’ai donné une explication qui n’en est pas une. Étant formateur moi même, le mot ‘didactique’ raisonne mal dans ma tête. C’est en lisant le site Internet que j’ai compris que j’avais loupé quelque chose sur la raison d’être de ce centre des créativités.
Il est là aussi pour montrer à chacun, petits et grands, qu’il est possible d’exprimer son art personnel à travers les matières présentées dans le centre didactique. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Le centre didactique a tout son intérêt pour qui veut s’exprimer à travers la transformation des matières. Qui sait, ce centre donnera des ailes à de nouvelles vocations.
Natoye n’est pas si loin…
C’est un lieu à découvrir absolument. Moi qui suis bruxellois, ce ne sont pas les quelques kilomètres qui me sépare de ce lieu qui m’a bloqué pour ne pas découvrir ces créateurs du beau. Je dis cela pour les habitants de la capitale qui refusent de se bouger pour si peu.
Rien n’est peu. Rien n’est petit, quand il s’agit de découvrir la créativité des personnes. Les remarques de ces bruxellois qui me reprochent d’écrire sur des lieux si lointains3, me fait penser qu’ils, par mimétisme, deviennent des parisiens nombrilistes, donc stupides.4
Tant pis pour ceux-là, ouvrons la porte de ce lieu et découvrons les merveilles de la créativité humaine.
Géry de Broqueville
Note : La photo de l’entête représente le dessus d’une table en bois tourné avec incrustation de coléoptère. Desing réalisé par le liégeois Maxime Lemoine.
- Cette exposition est visible jusqu’au 29 novembre. Le centre est ouvert 7 jours sur 7. C’est assez rare que pour être signalé. ↩︎
- La Spirale, chaussée de Namur 22 – 5360 Natoye – Web : cliquez ici. ↩︎
- Natoye est à 83 km de Bruxelles ! ↩︎
- Petit coup de gueule envers mes amis bruxellois qui on le don de m’énerver sur ce point. Paf. Je les traite de parisiens, suprême injure ! Sont-ils influencés par les milliers de parisiens qui habitent Bruxelles ? C’est vrai que ces gens ne sont qu’à 1h28 de leur capitale. C’est un peu plus que pour se rendre à Natoye ! ↩︎