Ce qui m’a toujours fasciné ce sont les créateurs, les inventeurs, ceux qui partent de rien pour lancer une nouvelle idée qui se transforme en action, voire qui va devenir l’objet d’un métier.
Dans mes pérégrinations dans Asmae ou en dehors j’ai rencontré des enfants, des jeunes et des adultes qui se donnent les moyens de passer du rêve à la réalité. C’est passionnant.
Parfois avec rien au départ, l’ingéniosité apporte un résultat étonnant. Avec un bout de ficelle ou de fil de fer, un enfant d’un pays du Sud peut en faire un jouet. J’ai toujours admiré ces enfants qui, avec ce même fil de fer, est capable de faire rouler un cercle imaginant dans sa tête, être au volant d’une voiture de course ou d’un camion…
Partir de rien, du néant, pour arriver avec une action pour changer un monde, est aussi le sens de la démarche de la méthode de recherche-action participative « Je participe, tu facilites ». J’ai été formé par René Sibomana à cette excellente méthode en 1993, à Kigali, au Rwanda. Cette méthode a été mise en place par des animateurs africains entre 1990 et 1993, en Afrique dans le cadre de la résolution des problèmes des enfants de la rue. Cette méthode est universelle et peut-être utilisée tant par des enfants que par des adultes.
Cette méthode est bien un outil mais la philosophie qui sous-tend cette utilisation est la participation. Chaque humain se doit de participer à son propre développement sans attendre les Grands développeurs que sont les occidentaux qui sont persuadés du haut de leurs expertises, résoudre les problèmes à la place de ceux qui les vivent. Ces politiques de développement passent toujours par la case « échec » parce qu’elles ne prennent jamais en compte les désidératas les plus fondamentaux des populations.
Géry de Broqueville
