Le bel art de la gastronomie est un art chaleureux. Il dépasse la barrière du langage, fait des amis parmi les gens civilisés et réchauffe le cœur.
Samuel Chamberlain
Ayant un peu assez du guide rouge qui fait et défait les réputations d’un chef sous vil prétexte parfois, je me suis dit que j’allais inventer un guide qui allait faire trembler certains chefs fort bien pourvu.
Rêvons un peu en imaginant un guide qui guiderait les fines bouches à travers la propreté des toilettes de fastueuses maisons de bouche ! Les toilettes sont le reflet de la propreté de la cuisine et donc des ingrédients avalés. Rien de moins que cela !
Et j’en ai visité des toilettes qui en disaient long sur la malbouffe du lieu… La rédaction de ce guide était, tout compte fait, peu ragoutante. Cela ne me plaisait pas. J’ai abandonné l’idée.
Quand même un guide ?
Cela me démangeait d’en écrire un avec un autre bout de la lorgnette. J’ai donc repris mon bâton de pèlerin… J’ai cherché les chefs qui travaillent avec cœur. Fameux programme tout de même. Somme toute, les analyses que l’on fait du restaurant sont tout aussi subjectives que d’apprécier ou pas tel légume ou telle cuisson.
Donc je me suis tourné vers les humains et leur capacité d’accueil, de partage, de chaleur humaine, de générosité… De rire aussi. Cela m’est arrivé de croiser des chefs ou des serveurs dignes d’un film d’horreur, à en pleurer d’avoir un accueil stylé type ampoulé, sans aucune once de la moindre empathie envers les pauvres clients que nous sommes…. juste des vaches à lait…
Il est clair que je jette tout de même un œil sur les toilettes histoire de ne pas décevoir les amateurs de beaux lieux d’aisance, mais mon choix de présentation de restaurant se fera d’abord sur des critères humains tels que décrits ci-dessus.
Comme tout est lié…
Vous serez étonné parfois par mes choix de restaurant… Je me souviens d’un restaurant qui ne paie absolument pas de mine, non loin du port d’Alexandrie. Je n’ai jamais mangé autant de poissons dans une gargote qui paraissait puante…
Tout sera possible dans mes descriptions et je ne manquerai pas de me faire la morale et de me reprocher d’aimer la fine gastronomie alors que tant de personnes vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Si je cite cela, c’est parce que, ce 17 octobre, est le jour mondial de la pauvreté. Ce n’est aucunement de l’ironie de ma part. J’ai travaillé 40 ans dans Asmae, ma fibre sociale reste entière. En travaillant maintenant dans des potagers, le lien se fait naturellement entre les humains, tous les humains, et ce qu’ils mangent… ou ne mangent pas !
Oui comme tout est lié, mon blog le plus perso d’entre tous va partir dans tous les sens… la gastronomie, l’entreprenariat, la participation, le social, les coups de cœur ou de gueule aussi….Tout est lié pour le meilleur….
Géry de Broqueville

