Il est bien le seul restaurant de Bruxelles à se dire confidentiel et gastronomique. En réalité, il est difficile à définir. Alors qu’il est à l’arrière d’une librairie et à côté de la wasserette familiale, ce restaurant a une véritable âme. Maurice était le père, Olivier est le fils. . Ce dernier a repris le flambeau familial pour faire de cette arrière boutique un lieu exceptionnel.
La dernière soirée de canicule exceptionnelle pour un mois de juin, il fallait trouver ce lieu confidentiel. Outre le lieu, son chef Olivier, n’est pas un chef classique. Bien qu’il ait un parcours rêvé par son père, Maurice, Olivier a fait ses classes chez Romeyer dès sa sortie de l’école hôtelière de Namur. Sa cuisine est inventive avec des mélanges subtils de goûts parfois fort différents et pourtant tout en harmonie. Pas un seul plat n’est décevant. Les cuissons de ses viandes ou poissons sont au top. La qualité de ses plats dépassent largement de bonnes adresses bruxelloises.
Une cuisine artistique
En plus d’être créateur de bons fumets, de très bonnes chères, Olivier est un artiste. Il associe ses plats aux assiettes savamment choisies. Rien n’est laissé au hasard. Le service est impeccable. Et si le patron se laisse aller à la confidence, sur un tel qui est venu le voir, c’est un petit moment de bonheur partagé. Il nous raconte ses choix de petits vins de derrière les fagots qu’il a déniché on ne sait où…
Nous avons pris le menu de saison. La première entrée est déjà étonnante : Foie gras d’oie et canard, anguille fumée, petits pois et betterave. Je ne vais pas vous écrire une tartine d’au moins une page pour décrire ce plat. Cette association foie gras de canard et d’oie est déjà une merveille qui entoure un brin d’anguille donnant un goût légèrement acide. Je ne dévoilerai pas non plus la subtilité de la présentation de légumes, juste pour vous donner l’envie d’aller sur place. Une merveille.
Mais où va-t-il chercher ces magnifiques associations entre un maki de sole, une fleur d’artichaut confite et du curry breton ? Son plat principal est tendre à souhait. Mais où va-t-il chercher toutes ces magnifiques associations entre un maki de sole, une fleur d’artichaut confite et du curry breton ? Son plat principal est tendre à souhait ; Selle d’agneau, jus court. Effectivement, la définition est courte. Tout se joue en bouche.
Des flacons à la hauteur
Dans ce restaurant, un magnum n’est pas égal à deux bouteilles de 0,75 l. Le service des vins associés se fait au magnum, parce que là, on sait que la contenance améliore l’évolution du vin. Un magnum est une mini-barrique. La cave est très réputée pour avoir des vins rare… et bougrement bon. Et pour ceux, comme moi, qui ont décidé de lever le pied, des associations non alcoolisées sont proposées. S’il propose des produits Osan, il a aussi choisi des vins désalcoolisés sans ajout de sucre ! Autant le signaler tant c’est rare de trouver des vins 0% qui ne goûtent pas le sucre.
Bref, c’est une maison de bouche de grande qualité. Même si on ne le trouve pas au Gault&Millau. Il a été sorti du Guide parce que le patron doit choisir entre sa libraire ou son restaurant. Minable de la part de ce Guide qui, d’habitude, est meilleur que cette vilénie.. Michelin en réponse lui a donné un Bib gourmand. Le plat suivant porte le titre de : Ceci n’est pas un œuf, Monsieur Magritte. Il est décrit ainsi : Mousse chaude d’asperge à la flamande. Moi, j’étais persuadé que c’était une pomme de terre… Ce plat est subjuguant avec une texture soyeuse.
Tout est bon dans cette librairie-restaurant.
Géry de Broqueville
Une très belle adresse donc à la Chaussée de Roodebeek à Woluwe-Saint-Lambert. (https://www.demauriceaolivier.be)
